Nouveau : des recherches font état d'un risque plus élevé de voir les maladies non transmissibles se développer en Afrique

Un article de Le Monde
January 23, 2017
 

Brazzaville, 27 janvier 2017 – Étant donné les prévisions selon lesquelles des millions de personnes mourront de maladies non transmissibles (MNT) en Afrique d'ici à 2020, la Région africaine de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a aidé les pays à mener des études afin d'identifier les principales causes de cette tendance à la hausse.

Un rapport publié par l'Organisation et qui confirme les données existantes, fait état de ce que ces menaces imminentes sont prévisibles, étant donné que la plupart des adultes en Afrique présentent au moins un facteur de risque qui les expose de plus en plus à une MNT mortelle, y compris les maladies cardiaques, le cancer, le diabète de type 2 et les maladies pulmonaires obstructives chroniques.

Le fardeau de la maladie, qui connaît une augmentation graduelle depuis quelques années, est susceptible de dépasser le nombre de malades et de morts causés par les maladies infectieuses d'ici à 2030. De par le monde, le nombre de décès dus aux MNT atteindra le chiffre de 44 millions au cours des quatre prochaines années, soit une augmentation de 15 % d'après les estimations OMS de 2010.

« Au cours de ces dernières années, le monde a consacré la majeure partie de son attention et de ses ressources - à raison - à la menace imminente que représentent les virus émergents, notamment Zika et Ebola », a déclaré la Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, le Dr Matshidiso Moeti. « Ce que ce rapport permet de mettre en exergue, cependant, c'est qu'au milieu de ces situations d'urgence, nous ne devons pas perdre de vue les risques sanitaires énormes que présentent les maladies non transmissibles, surtout que nombre d'entre elles peuvent être évitées grâce à un changement de comportements et de modes de vie », a-t-elle ajouté.   

Une forte prévalence des principaux facteurs de risque

La prévention des MNT dépend fortement de l'évitement des quatre principaux facteurs de risque comportementaux que sont la consommation du tabac, la consommation abusive de l'alcool, une mauvaise alimentation (c'est-à-dire le fait de ne pas manger des fruits et des légumes cinq fois par jours), et l'insuffisance de l'exercice physique. Dans la moitié des pays africains qui ont fait l'objet de l'étude, un quart des adultes était exposé à au moins trois de ces facteurs de risque, avec une grande probabilité qu'ils allaient développer une ou plusieurs de ces maladies au cours de leur vie. Il s'agissait pour la plupart de femmes adultes, âgées de 45 à 64 ans.

Selon le Dr Moeti, « [c]es maladies peuvent être aussi bien mortelles qu'incapacitantes ; elles constituent un lourd fardeau pour la Région, dans la mesure où elles privent les gens et les familles de ceux de leurs proches ou membres qui, en temps normal, devraient jouir des années les plus productives de leur vie ». Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour inverser cette malheureuse tendance », a-t-elle exhorté.

D'après ce rapport, la prévalence de l'hypertension ou de la tension artérielle dans la Région africaine est la plus élevée au monde et touche environ 46 % des adultes. Dans la moitié des pays de la Région, au moins un adulte sur trois rencontrés était hypertendu.

« Les taux élevés de l'hypertension sont particulièrement inquiétants, car la maladie est un tueur silencieux, la plupart des gens ignorant leur statut jusqu'à ce qu'il soit trop tard », a expliqué le Dr Abdikamal Alisalad, Directeur par intérim du Groupe organique Maladies non transmissibles de l'OMS. « La tension artérielle peut endommager le cœur et provoquer une attaque cardiaque, une insuffisance cardiaque et l'accumulation de graisses dans les artères et donc leur obstruction. Elle peut aussi contribuer à l'AVC, à l'affection rénale et à la perte de la vue, entre autres ». Cependant, a ajouté le Dr Alisalad, l'hypertension peut très bien être traitée par un changement de comportement et par les médicaments.  

 

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