Paludisme : les barrages attisent l’expansion de la maladie en Afrique

Un article de Agence D'Information D'Afrique Centrale
September 28, 2015
Sur les 198 millions cas au monde liés au paludisme en 2013, 90% auraient eu lieu en Afrique subsaharienne. Le moustique anophèle qui se reproduit dans l’eau, où il pond les œufs, est le vecteur de la maladie. Ce qui attise la crainte que de nouvelles retenues d’eau douce, telles que celles engendrées par les barrages, favorisent la maladie aux alentours. Un phénomène constaté au Cameroun, au Zimbabwe au Kenya et en Ethiopie selon l’étude.
 
Dans le souci de chiffrer l’impact des barrages, localement et au niveau du continent, l’expert australien, Solomon Kibret et ses collègues en ont étudié 1268 érigés en Afrique subsaharienne, comparant la prévalence de paludisme chez les personnes habitant à proximité de celle de populations plus distantes.
 
Ce sont environ 20 millions d’Africains qui vivent à moins de 5 km d’un barrage, dont 73% dans des zones à risque élevé de contracter la maladie. Et plus ils sont près de l’eau, plus leur risque s’élève : dans les pays où la prévalence de paludisme est stable, les personnes vivant à moins d’un km auraient 92% plus de risque d’en tomber malade que celles vivant à plus de 5 km.
 
Selon les chercheurs, 1,2 million de cas de paludisme seraient liés chaque année aux barrages en Afrique. Peut-être même jusqu’à 2 millions : faute de données l’équipe a dû exclure de son analyse environ 800 autres barrages, pour la plupart situés dans des zones à fort risque de paludisme.
 
Dans l’hypothèse de 1,2 million de cas, les barrages n’expliqueraient certes que moins de 1% des cas recensés chaque année en Afrique. L’impact reste donc assez faible au niveau du continent, mais il n’en reste pas moins important localement. Et face au réchauffement climatique, qui laisse présager des difficultés croissantes d’accès à l’eau, bien d’autres barrages sont en projet.
 
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