Zika multiplie les cas de syndromes de Guillain-Barré

Un article de Le Monde
March 1, 2016
L’infection par le virus Zika peut entraîner plusieurs formes du syndrome de Guillain-Barré (SGB), une affection plutôt rare (1 à 2 cas pour 100  000 personnes par an) caractérisée par une faiblesse, voire une paralysie progressive des nerfs périphériques. Une étude conduite sur les données de 42 patients ayant présenté un SGB au cours de l’épidémie à virus Zika de 2013-2014 en Polynésie française démontre que ces atteintes neurologiques réversibles sont environ vingt fois plus fréquentes chez les personnes infectées. Publié mardi 1er mars dans The Lancet, ce travail – le premier à évaluer l’implication du virus Zika sur un grand nombre de SGB – associe plusieurs équipes, dont l’Institut Pasteur, l’Institut Louis-Malardé de Papeete et l’université de Glasgow.
Présentant des tableaux cliniques variables, le SGB prend une forme sévère avec une détresse respiratoire dans 20  % à 30 % des cas, comme le rappelle un article paraissant dans le même numéro du ­Lancet. Il est généralement précédé d’une infection ou d’un autre type de stimulation de l’immunité. ­Cette dernière déclenche une réponse auto-immune aberrante, qui s’attaque aux nerfs périphériques et à leurs racines au niveau du rachis. «  La bactérie Campylobacter jejuni, responsable d’infections intestinales, est l’un des grands pourvoyeurs de SGB, mais sous forme de cas sporadiques  », précise le professeur Arnaud Fontanet (Institut Pasteur et Conservatoire national des arts et métiers), l’un des principaux auteurs de l’étude paraissant dans The Lancet.
Lien avéré entre Zika et le SGB
Jusqu’ici, les épidémiologistes avaient constaté que plus les infections à virus Zika étaient nombreuses, plus le SGB était fréquent. S’y ajoutait la description publiée du cas d’une personne atteinte de ce tableau neurologique et présentant une sérologie attestant de l’infection par le ­virus Zika, résume le professeur Fontanet. Mais le virus était-il bien à l’origine de l’accroissement du nombre de SGB observé lors de l’épidémie qui a frappé la Polynésie française en 2013-2014 ? Les chercheurs ont tiré parti de données exhaustives et de qualité pour mener, à distance des faits, ce travail d’analyse de ce qui constitue probablement la plus grosse flambée de cas de SGB étudiée.
 
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